Comparatif
Etoiline ou un logiciel d’agenda de praticien, lequel tient un deuil périnatal
Beaucoup d’accompagnantes viennent de la périnatalité et disposent déjà d’un agenda de praticien, parfois hérité d’une activité de sage-femme ou de psychologue. La tentation est légitime: pourquoi un deuxième outil. Ce comparatif répond poste par poste, et il commence par le point qui n’est pas négociable dans ce métier, le rappel de rendez-vous envoyé automatiquement à une mère qui vient de perdre son enfant.
Le comparatif poste par poste
| Critère | Etoiline | le logiciel d’agenda et de prise de rendez vous pour praticiens |
|---|---|---|
| Objet de l’outil | Tenir la mémoire d’un accompagnement et les limites de votre rôle | Remplir des créneaux, tenir une file de patients et facturer des actes |
| Rappels de rendez-vous | Aucun envoi automatique, validation manuelle imposée dans toutes les formules | Rappels automatiques, rarement désactivables dossier par dossier |
| Prénom de l’enfant | Champ dédié, prononciation notée, variantes acceptées | Aucun champ prévu, un enfant décédé n’est pas un patient à créer |
| Vocabulaire de la famille | Mots choisis et mots refusés, datés, contrôlés avant chaque message | Une zone de commentaire libre, sans contrôle avant envoi |
| Dates du dossier | Cinq dates séparées, dont le terme prévu, remontées sept jours avant | Une date de rendez-vous, parfois une date de naissance |
| Orientation | Associations, réseaux de santé périnatale et psychologues, par département | Rien, ou un annuaire de correspondants médicaux généraliste |
| Votre propre charge | Journal de limites, charge relevée après séance, rappel de supervision | Un taux de remplissage d’agenda, qui pousse à l’inverse de ce que vous cherchez |
| Rituels de mémoire | Onze trames non religieuses, adaptables à une demande religieuse exprimée | Hors sujet pour un outil de consultation |
| Travail à plusieurs | Jusqu’à huit accompagnantes, droits dossier par dossier, relais tracé | Partage par cabinet ou par praticien, rarement par dossier |
| Coût | 19 à 79 euros hors taxes par mois selon la formule, par carnet | Souvent facturé par praticien, avec des options de rappel en supplément |
Un agenda de praticien répond à une autre question
Un logiciel de cabinet est construit pour une file de patients: des créneaux, des motifs de consultation, des actes, une facturation, un taux de remplissage. Toute sa logique consiste à ne pas laisser une plage vide et à réduire les rendez-vous non honorés. C’est utile quand on enchaîne des consultations de vingt minutes. Ce n’est pas la question que pose un accompagnement de deuil périnatal, où trois mois peuvent s’écouler entre deux séances sans que rien ne soit anormal.
La conséquence est visible dès la fiche. Un dossier de cabinet est indexé sur la personne reçue, avec un motif et un historique d’actes. Or ici, l’information centrale est un enfant qui n’est pas un patient, avec un prénom, une prononciation et des dates qui ne correspondent à aucun champ prévu. Vous finissez par tout écrire dans une zone de commentaire libre, ce qui revient à tenir un carnet papier à l’intérieur d’un logiciel, avec les mêmes défauts de recherche.
Le rappel automatique, exactement ce qu’il ne faut pas
Un logiciel d’agenda envoie des rappels, parce que c’est sa raison d’être. Un message automatique qui arrive la veille chez une mère endeuillée, avec une formulation neutre écrite pour une consultation de contrôle, défait en une phrase ce que vous avez construit en quatre séances. Le même problème se pose avec les demandes d’avis, les enquêtes de satisfaction et les relances de rendez-vous non honoré, qui partent sans que personne ne les ait relues.
Dans Etoiline, rien ne part sans vous. Le carnet signale une échéance ou un silence qui dure, propose une formulation issue d’une bibliothèque relue par des mères concernées, et attend. Vous réécrivez, vous gardez pour vous, ou vous envoyez depuis votre messagerie. Cette règle n’est pas une option de configuration à cocher au bon endroit: elle est écrite dans le produit et ne se désactive dans aucune formule, précisément parce qu’une accompagnante fatiguée ne devrait jamais avoir à la vérifier.
Ce qu’aucune fiche patient ne contient
Trois choses manquent toujours. Les mots: ce qu’une mère accepte d’entendre et ce qu’elle refuse, avec la date où elle l’a dit. L’orientation: vers quelle association, quel réseau de santé périnatale, quelle unité de psychiatrie périnatale ou quel groupe de parole passer la main, selon le département et le moment du deuil. Et vos limites: ce que chaque accompagnement vous demande, relevé après la séance, pour voir venir l’épuisement avant qu’il ne s’installe.
S’y ajoutent les rituels de mémoire, onze trames non religieuses adaptables à une demande religieuse exprimée, avec le matériel, la durée et ce qu’il faut éviter de promettre. Aucun agenda de praticien ne contient cela, et il n’y a aucune raison qu’il le contienne. Ce n’est pas un reproche adressé à ces logiciels, c’est simplement la preuve que les deux outils ne traitent pas le même problème et peuvent tenir côte à côte sans se gêner.
Quand l’alternative reste le bon choix
Si vous exercez d’abord comme sage-femme libérale, psychologue ou infirmière puéricultrice, avec des créneaux à remplir, des actes à facturer et une patientèle qui ne relève pas du deuil périnatal, gardez votre logiciel de cabinet. Etoiline ne prend ni les rendez-vous, ni la facturation, ni la comptabilité, et n’a pas l’intention de le faire. Si le deuil périnatal représente deux ou trois familles par an dans une pratique plus large, la zone de commentaire de votre logiciel actuel, complétée par une fiche écrite à la main, peut suffire.
Le verdict
Les deux outils cohabitent sans se recouvrir: l’agenda pour le planning et la facturation, le carnet pour les familles que vous suivez sur des mois. Le point de bascule est simple à repérer. Dès qu’un rappel automatique risque de partir chez une mère endeuillée, ou dès que vous écrivez le prénom d’un enfant dans une zone de commentaire libre, votre logiciel de cabinet est arrivé au bout de ce qu’il sait faire.
Questions frequentes
- Puis-je désactiver les rappels automatiques de mon agenda
- Souvent oui, mais globalement, pour tous vos rendez-vous, ce qui pénalise le reste de votre activité. Le risque tient à la réactivation: une mise à jour, un nouveau type de rendez-vous, une case recochée par erreur, et un message part. Dans Etoiline, la question ne se pose pas puisqu’aucun envoi automatique n’existe et qu’aucun réglage ne permet d’en créer un.
- Faut-il saisir deux fois les rendez-vous
- En pratique, la plupart des accompagnantes notent la séance dans le carnet, parce que c’est là que se trouve la fiche de rappel qu’elles ouvrent trois minutes avant. Si vous tenez à conserver un agenda unique pour votre activité globale, gardez-le comme référence des créneaux et servez-vous du carnet pour les échéances propres au dossier, celles que l’agenda ne sait pas distinguer.
- Mon logiciel actuel est-il conforme pour ces données
- Il l’est peut-être pour des données de santé de patients, ce qui est déjà exigeant. La question à lui poser est plus précise: où sont hébergées les données, les pièces jointes sont-elles chiffrées séparément, et que se passe-t-il exactement lors d’une demande de suppression. Si vous ne pouvez pas répondre à une mère qui le demande, le sujet est ouvert quel que soit l’outil.
Etoiline ou un logiciel d’agenda de praticien, lequel tient un deuil périnatal
Les deux outils cohabitent sans se recouvrir: l’agenda pour le planning et la facturation, le carnet pour les familles que vous suivez sur des mois. Le point de bascule est simple à repérer. Dès qu’un rappel automatique risque de partir chez une mère endeuillée, ou dès que vous écrivez le prénom d’un enfant dans une zone de commentaire libre, votre logiciel de cabinet est arrivé au bout de ce qu’il sait faire.